18/05/2014

Quelle relation entre l'initiative sur le salaire minimum et celle sur l'immigration de masse?

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Comme le graphique ci-dessus le montre, il y a une corrélation négative assez nette entre le pourcentage de oui à l'initiative sur l'immigration de masse et l'initiative sur le salaire minimum refusée dimanche. En clair, les cantons qui ont le plus accepté l'initiative de l'UDC ont aussi le plus refusé le salaire minimum. Même s'il est très risqué de tirer des conclusions au niveau individuel sur la base de ces données, on pourrait en déduire que les orientations idéologiques ont joué un rôle plus important que des facteurs liés à la protection du marché du travail. Ainsi, quelqu'un qui voudrait protéger le marché du travail suisse par tous les moyens aurait pu voter à la fois contre l'immigration de masse et pour le salaire minimum. Ce genre d'attitude est parfois appelé le "chauvinisme social". Or, ce genre de mécanisme ne s'observe pas, à l'exception du Tessin: c'est le seul canton nettement en haut à droite du graphique. Les petits cantons alémaniques en particulier sont plutôt du type " chauvinisms liberal". Le Tessin est un cas à part, comme le montre sa position sur le graphique: c'est le seul canton qui a massivement soutenu l'initiative contre l'immigration de masse mais qui est aussi parmi les plus favorables au salaire minimum.

08/05/2014

Les quatre partis bourgeois investissent la Place fédérale pour défendre le Gripen

Lu ici.

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03/05/2014

Thomas Piketty et les hauts revenus en Suisse

 

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L’économiste français Thomas Piketty est l’homme du moment. Aux États-Unis, toute l’intelligentsia parle de son livre “le Capital au 21ème siècle”, apparemment premier des ventes sur un site de vente en ligne bien connu. Le livre est un pavé de 1000 pages - j’en suis à la moitié - et je ne vais pas m’attarder sur son argument car il est discuté à peu près partout, par exemple ici, pour un lien suisse (pas de trace dans 24 heures, pourtant).


Piketty se base sur sur une énorme base de données sur les hauts revenus basée sur les données fiscales dans différents pays, dont la Suisse, qu’il a contribué à construire avec un réseau de chercheurs internationaux. On y trouve des données absolument fascinantes remontant pour certains pays jusqu’au 19ème siècle sur la répartition des revenus, et notamment la part des 10, 5 ou 1% supérieurs dans le revenu national total, et comment cette part a évolué. J’ai fait quelques graphiques basés sur ces données ci-dessous pour voir comment la Suisse se compare à d’autres pays comme la France (pour un pays proche), la Suède (un pays où les inégalités sont faibles) et le Royaume-Uni (où les inégalités sont fortes).


Ce qui frappe, c’est la très grande stabilité de la part des 10% supérieurs en Suisse par rapport aux autres pays. En 2009, les 10% les plus riches en Suisses concentraient 33% du revenu national, ce qui veut dire que les individus dans cette catégorie gagnent en moyenne trois fois la moyenne de revenu national. Cette part est assez proche de la France, mais inférieure au Royaume-Uni (où les 10% les plus riches concentrent près de 40% du revenu national) et supérieur a la Suède, ou ils n’ont que 27% de ce revenu total. Toutefois, il y a eu une beaucoup plus grande fluctuation de cette part dans les autres pays, ce qui s’explique en grande partie par l’incidence des deux guerres mondiales, grandes destructrices de richesse. Piketty explique d’ailleurs la baisse des inégalités dans la plupart des pays occidentaux entre 1914 et 1945 par les deux cataclysmes mondiaux, alors que l’on revient en ce moment à la situation plus inégalitaire qui prévalait a la Belle Epoque.


Le graphique devient encore plus intéressant si l’on s’intéresse au 1% supérieur, que l’on peut appeler les super riches. Entre le milieu des années 1950 et le milieu des années 1980, les 1% les plus riches en Suisse concentrent une plus grande part du revenu national que leurs homologues dans tous les autres pays dans le graphique, avant d'être dépassés par les 1% britanniques bénéficiant des politiques fiscales et économiques de Margaret Thatcher. En 2009, les 1% les plus riches en Suisse gagnaient en moyenne 10 fois le revenu moyen, contre 6.7 fois en Suède, 8 fois en France et 15 fois au Royaume-Uni.


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Qu’est ce que cela donne en revenu réel? Le graphique ci-dessous représente l'évolution des revenus réels en francs constants (2010, ajusté de l’inflation) entre 1933 et 2010 pour les top 10% (les riches), les top 5% (les très riches), les top 1% (les super riches) et les top 0.1% (les "méga riches"). On voit que le revenu réel des 10% les plus riches est resté relativement stable, mais celui des méga-riches (0.1%) a très fortement augmenté, mais aussi connu de fortes fluctuations en raison du fait que leur patrimoine est constitué dans une plus large part d'actifs financiers. En 1980, les top 0.1% gagnaient 26 fois le revenu moyen; en 2009, il gagnaient 40 fois le revenu moyen, ou 2 millions 720 mille francs annuels.

 

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