01/04/2014

Le salaire minimum fragilise-t-il le partenariat social?

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*: pays ne possède pas de salaire minimum.

Les opposants au salaire minimum affirment que son introduction fragiliserait le partenariat social, qu'ils présentent comme la voie privilégiée par laquelle les rapports de travail sont négociés en Suisse. Il est surprenant de voir les partis bourgeois et le patronat faire l'éloge du partenariat social aujourd'hui alors qu'ils étaient vertement opposés aux mesures d'accompagnements et ses commissions paritaires, avant que les syndicats ne leur forcent la main avec la menace du référendum contre les bilatérales.

Pourtant,le partenariat social est bien moins développé en Suisse que dans la plupart des autres pays européens, en particulier pour ce qui concerne la couverture des CCT. Ainsi, le taux de couverture des CCT est d'environ 49% en Suisse alors qu'il est de 99% en Autriche ou 84% aux Pays-Bas (les données du graphique ci-dessus viennent de la base de donnée ICTWSS à l'Université d'Amsterdam). Tous les autres pays qui ont des taux de couverture plus bas sont dans les pays l'Est ou dans le monde Anglo-Saxon. 

Il faut noter que tous les pays d'Europe qui n'ont pas de salaire minimum, comme la Suisse, ont aussi des taux de couverture des conventions collectives beaucoup plus élevés qu'en Suisse, qui contiennent la plupart du temps des salaires minimaux sectoriels. C'est notamment le cas des pays Scandinaves. Les pays de l'Est ont des salaires minimaux pour compenser l'absence de négociations collectives. Toutefois, l'argument des opposants ne tient pas si l'on considère les cas de la Belgique, des Pays-Bas ou du Luxembourg, où un salaire minimum coexiste avec un taux de couverture plus élevé qu'en Suisse et un rôle plus important des partenaires sociaux dans la régulation des rapports de travail.


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